Cheptel ovin et bovin: Un vaste plan national de reconstitution
Le ministère de l’Agriculture a lancé un programme de reconstitution et de développement du cheptel national, qui s’étendra jusqu’en 2030. Il vise à rétablir les niveaux de production habituels dans le secteur laitier, à renforcer la production de viandes rouges et à améliorer la qualité du cheptel, ainsi que la productivité animale.
Sana Zitouni, ingénieure générale et sous-directrice à l’Office de l’élevage et des pâturages relevant du ministère de l’Agriculture, a précisé, ce jeudi, lors de l’émission « Agro Mag », que le programme prévoit d’augmenter de 11% la production nationale de lait, pour atteindre environ 1,4 million de tonnes.
La production de viandes rouges devrait, pour sa part, progresser de 17%, pour atteindre près de 281.000 tonnes de viandes bovine, ovine et caprine.
Miser sur la qualité et la productivité
Le programme prévoit, également, de porter le cheptel bovin à 363.000 femelles, en privilégiant les races pures à haut rendement, afin d’améliorer la productivité et de renforcer le système national de production.
Plusieurs axes sont prévus, notamment la reconstitution du cheptel, en particulier bovin, ainsi que l’amélioration des performances grâce au recours à des techniques modernes dans les domaines, génétique et reproductif.
Le dispositif prévoit, aussi, de renforcer la couverture sanitaire vétérinaire et de poursuivre la numérisation du système d’identification et de traçabilité du cheptel, afin d’assurer un meilleur suivi des animaux et une gestion plus efficace du cheptel national.
Les ovins et les caprins sont, également, concernés par le programme, avec des mesures destinées à soutenir l’élevage des petits ruminants et à préserver le cheptel national.
93 millions de dinars mobilisés
L’État a prévu une enveloppe directe de 93 millions de dinars pour financer le programme, en attendant la mobilisation de ressources supplémentaires. Quelque 59 millions de dinars seront consacrés à la reconstitution du cheptel bovin et 19 aux petits ruminants.
Une enveloppe annuelle de 10 millions de dinars sera, par ailleurs, accordée aux agriculteurs jusqu’en 2030, sous forme de subventions et d’incitations destinées à encourager la reconstitution du cheptel.
Parmi les nouvelles mesures figure une subvention destinée à financer l’apport personnel nécessaire à l’acquisition de génisses. Cette aide pourra être cumulée avec d’autres subventions, permettant ainsi de porter la contribution de l’État à environ 50% du prix d’achat de la génisse.
En plu, l’État prendra en charge les intérêts des crédits accordés dans le cadre du programme, afin de réduire le coût du financement pour les éleveurs et de faciliter leurs investissements dans la reconstitution de leurs troupeaux.
Pour les petits ruminants, une enveloppe de 5 millions de dinars sera consacrée au financement de l’élevage des jeunes femelles et des agnelles, ainsi qu’à leur préservation, afin de garantir le renouvellement du cheptel et le maintien de ses capacités de production.
Ce programme intervient dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées par le secteur de l’élevage, ces dernières années, notamment en raison de la sécheresse, de la raréfaction des ressources en eau et de la hausse des coûts des aliments pour bétail et de la production. L’objectif est de reconstituer, à l’horizon 2030, un cheptel plus productif et plus résilient.